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Une première : un membre du gouvernement de l'Artsakh interviewé par

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    FRANCE
    Une première : un membre du gouvernement de l'Artsakh interviewé par
    une chaîne de TV en France
    France 24

    13 juin 2013

    L'Entrevue de Karen Mirzoyan Ministre des Affaires Étrangères du
    Haut-Karabagh sur France 24

    Le conflit non résolu entre l'Azerbaïdjan et les Arméniens
    sécessionnistes vivant dans le territoire enclavé du Haut-Karabagh est
    souvent qualifié de ` conflit gelé `. Mais tandis que dans la région,
    les tensions deviennent de plus en plus fortes, certains craignent
    qu'elle ne serve de poudrière pour une guerre plus large à plus grande
    échelle. Douglas Herbert demande au Ministre des Affaires étrangères
    du Haut-Karabagh s'il craint que nous soyons à la veille d'autres
    combats.

    Par Douglas Herbert

    DH Bonjour et bienvenue sur l'entrevue de France 24. Bien, c'est une
    guerre obscure dans une région que vous connaissez peu ou peut-être
    même pas du tout, et cependant, le conflit non résolu entre
    l'Azerbaïdjan et des Arméniens d'origine sécessionnistes vivant dans
    le territoire enclavé nommé Haut-Karabagh, dans le Caucase du sud,
    pourrait servir de détonateur à l'éclatement d'un conflit régional
    plus étendu. Alors qu'à la suite de la chute de l'Union Soviétique il
    y a plus de vingt ans, se soit allumée dans la région cette guerre
    sanglante, que beaucoup, hors du Haut-Karabagh, qualifient de `
    conflit gelé `, alors que malgré le cessez-le-feu, fragile, des
    dizaines de morts et les blessés continuent, chaque année, et il y a
    aussi les centaines de milliers de personnes déplacées au moment de la
    guerre initiale, la guerre pourrait passer de l'état larvé à celui de
    guerre ouverte. Et si cela se produit, certains craignent que cela
    puisse attirer dans le conflit quelques poids lourds régionaux, que
    sont la Russie, l'Iran, la Turquie, avec des conséquences
    imprévisibles. Mon invité d'aujourd'hui est un homme qui se trouve au
    c`ur de cette affaire, essayant de trouver une solution pour ce
    conflit. Karen Mirzoyan, merci beaucoup d'être ici. Vous êtes le chef
    de la politique étrangère pour le Haut-Karabagh. Vous êtes venu ici en
    Europe, vous venez d'arriver à Bruxelles, et vous vous efforcez au
    fond de maintenir l'attention des officiels européens sur ce conflit.
    Mais je voudrai reprendre quelques détails pour ceux qui savent peu de
    choses sur ce conflit. Lorsque cette guerre se déroulait, au début des
    années 1990, de 1990 à 1994, c'était vraiment un mouvement tendant à
    s'unir à l'Arménie, votre allié proche. Il s'est depuis développé en
    un mouvement pour un état souverain indépendant. A ce jour, vous
    n'êtes reconnu par aucun des pays des Nations Unies...Pourquoi cela ?

    KM D'abord merci pour cette occasion d'être ici avec vous. Oui, notre
    mouvement a commencé il y a vingt-cinq ans en 1988 comme un mouvement
    exprimant au nom des Arméniens du Karabagh d'être intégrés à la patrie
    arménienne, car en Arménie comme au Haut-Karabagh vivent des Arméniens
    de la même nation, et il nous apparaissait que vivre ensemble était un
    objectif logique. Mais c'était en même temps un mouvement vers le
    développement social et humain, le droit de vivre dans la sécurité, le
    droit de vivre libre. Au cours de la guerre qui a suivi ce mouvement,
    et à la suite de la tournure des événements, nous avons décidé de nous
    déclarer indépendants, voyant dans cette indépendance, dans cette
    forme d'état, une façon plus à même d'assurer notre sécurité pour
    vivre dans la région.

    DH Mais lorsque cette décision a été prise, clairement, beaucoup
    pensaient dans le mouvement que l'Azerbaïdjan, parce que vous vous
    trouvez sur et à l'intérieur du territoire de l'Azerbaïdjan, que
    l'Azerbaïdjan s'y opposerait, tout à fait farouchement.

    KM Oui. Tout le monde savait que l'Azerbaïdjan s'y opposerait. Mais la
    réaction de l'Azerbaïdjan a été excessive. En réponse aux
    manifestations, parce que le mouvement a commencé par des
    manifestations de jeunes, étudiants, travailleurs, la réponse à ces
    manifestations ont été les massacres de citoyens arméniens de
    l'Azerbaïdjan et au Haut-Karabagh, à Soumgaït, Bakou, Kirovabad, la
    réponse a été une totale agression contre le Haut-Karabagh.

    DH Permettez moi de passer à un autre argument. Les critiques diraient
    que dans cette guerre, le Haut-Karabagh ne s'est pas arrêté à la prise
    de son propre territoire. Il a poussé jusqu'à créer une zone tampon et
    chassé des Azerbaïdjanais hors de cette zone tampon. Ces personnes
    restent aujourd'hui déplacées et cette zone tampon, aujourd'hui, est
    un lieu ou on a encore chaque années des dizaines de morts et de
    blessés. Ce n'est pas cela, un conflit gelé.

    KM Écoutez, ces territoires pris par l'armée de défense du Karabagh,
    n'étaient pas libérés simplement pour prendre un quelconque
    territoire, le seul but était de créer une zone tampon, afin d'assurer
    aux habitants du Karabagh la possibilité de vivre dans la sécurité.

    DH Qui vit aujourd'hui dans cette zone tampon ?

    KM Aujourd'hui, évidemment la zone tampon n'est pas habitée comme elle
    l'était... mais quelques familles de réfugiées y sont venues, parce
    qu'elles n'ont d'autres endroit où aller. Écoutez, c'est une situation
    étrange. Aujourd'hui tout le monde parle des réfugiés azerbaïdjanais
    de l'Arménie, mais personne ne vous parlera des réfugiés arméniens de
    Bakou et de nombreux autres endroits d'Azerbaïdjan, et de personnes
    qui ont été chassées de certaines zones du Karabagh à cause de la
    guerre.

    DH Je dois vous demander...je comprends ce que vous dites à propos du
    Haut-Karabagh en tant qu'état souverain, peuplé d'Arméniens si ce
    n'est exclusivement d'Arméniens. Y a-t-il une possibilité que des
    Azerbaïdjanais reviennent ? Des mesures sont-elles prises pour créer
    afin qu'ils aient la possibilité de vivre, en harmonie, avec des
    Arméniens sur ce territoire ?

    KM Écoutez ! Tout le monde comprend que tôt ou tard, nous parviendrons
    à un accord quel qu'il soit, et deux états indépendants, le
    Haut-Karabagh et l'Azerbaïdjan coexisteront librement et paisiblement
    l'un à côté de l'autre...

    DH Mais il y avait un processus de paix constitué au sein du groupe de
    Minsk dirigé par l'OCDE [l'OSCE, NdT] qui se trouve dans une voire de
    garage. Il semble que les deux camps soient campés sur leurs positions
    et refusent d'autres concessions.

    KM Écoutez, le processus de paix du groupe de Minsk, dirigé par un
    ensemble de coprésidents, la Russie, les États-Unis et la France,
    avait commencé sur des tentatives de rapprocher trois parties au
    conflit. Les deux partie les plus concernées dans ce conflit étaient
    le Haut-Karabagh et l'Azerbaïdjan...

    DH ce sont les deux protagonistes comme ils disent...

    KM c'est cela. Et plus tard, l'Arménie a été concernée.
    Malheureusement, à la fin des années 90, la situation a été changée,
    et le Haut-Karabagh a été retiré hors du processus des négociations.
    Nous y avons toujours notre place, mais nous ne sommes pas un membre,
    pas un membre actif au processus de négociations, nous ne sommes pas à
    la table des négociations. Nous pensons que c'est la cause de la
    situation présente, de l'impasse actuelle.

    DH Vous dites donc que sans que vous y soyez, il n'est pas possible de
    résoudre ce problème, sans que vous soyez à la table des négociations,
    aucune solution ne peu être trouvée.

    KM Je dis que si nous nous y trouvions, nous serions prêts à
    travailler pour trouver une solution.

    DH Comme je l'ai mentionné au début, dans la région où se trouve le
    Haut-Karabagh, vous êtes entourés de la Russie, la Turquie, l'Iran,
    l'Arménie, l'Azer..., et c'est une région de convergence. Et dans le
    cas d'une guerre plus étendue, chacun semble avoir ses alliés ; la
    Russie semble soutenir l'Arménie, la Turquie et l'Azerbaïdjan sont
    alliés, on ne voit pas très bien qui l'Iran pourrait soutenir. En
    êtes-vous préoccupé ?

    KM Pour nous la guerre n'est pas une solution pour ce conflit. Cela
    serait une catastrophe pour tous le monde. Pour les petits pays et
    pour les grands. Ce serait pour nous une catastrophe car nous sommes
    attachés à construire un état sur et prospère.

    DH Que vous ne pouvez pas construire pour l'instant n'est-ce pas ? Le
    développement économique de la région est en réalité proche de zéro.

    KM Non, non, je crains que non. L'an passé, nous avons franchi
    quelques étapes dans la croissance de notre économie. Les indicateurs
    macro-économiques indiquent que dans les trois années écoulées, la
    croissance a atteint neuf à dix pourcent, et s'est déroulée de façon
    satisfaisante...

    DH Vous n'avez pas de pétrole, comme l'Azerbaïdjan...

    KM Nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons une industrie minière,
    une industrie de l'énergie, une agriculture, et nous efforçons de nous
    diversifier dans des nouvelles hautes technologies...

    DH Certains diront qu'il y a du chemin à parcourir. Comme responsable
    de la politique étrangère du Karabagh, voyez-vous quelquefois la
    situation comme la partie importante jouée naguère. Les États-Unis
    pouvant dire, dans cette région, notre allié naturel est peut-être
    l'Azerbaïdjan : il y a la mer Caspienne, il y a les champs
    pétrolifères, il se rangeront du côté de l'Azerbaïdjan, pensez vous
    quelquefois que c'est une guerre perdue ?

    KM Écoutez. Nous nous efforçons d'avoir des bonnes relations avec tous
    les pays. Nous avons de très bonnes relations avec la Russie ce qui
    est pour nous fondamental parce que nous avons des liens historiques
    depuis très longtemps avec la Russie et qu'elle est très présente dans
    la région. Nous avons de très bonnes relations avec la France comme le
    démontre ma présence ici, et nous nous efforçons d'avoir de bonnes
    relations avec les USA. Notre objectif n'est pas d'organiser la
    confrontation entre les pays. Notre but est de favoriser la recherche
    de solutions communes.

    DH Il ya actuellement de nouvelles générations au Karabagh. Quelques
    unes n'ont connu dans leur vie entière que la situation créée par ce
    conflit. Que leur dites-vous. Voyez-vous les possibilités d'une paix
    prochaine ?

    KM C'est cela que je souhaite. Et c'est à cela que nous travaillons
    tous les jours très consciencieusement. Aujourd'hui, les frontières du
    Haut-Karabagh sont gardées par des jeunes qui n'ont jamais vu d'Azéris
    de toute leur vie, et pour eux les Azéris sont des gens qui vivent de
    l'autre côté de la frontière. Notre but, c'est de faire rencontrer ces
    personnes, c'est d'organiser leur coexistence.

    DH Et vous ne pouvez envisager aucune perspective, il faut que je vous
    pose cette question, d'être peut-être une partie de l'Azerbaïdjan à
    nouveau ?

    KM Nous avons des perspectives et des espoirs mais, sans faire de
    propagande, mais je crois qu'avant toute chose, l'Azerbaïdjan doit
    changer sa posture, sa position...

    DH Le président de l'Azerbaïdjan...

    KM ... l'Azerbaïdjan fait partie de ces pays qui cultivent la
    xénophobie et la haine de tout ce qui est arménien. Aujourd'hui dire
    en Azerbaïdjan quoique ce soit de positif envers l'Arménie est
    interdit, strictement. L'Azerbaïdjan est un pays qui fait un héros
    national d'un tueur à la hache.

    DH Je pense qu'on pourrait ouvrir sur ce point la boîte qu'on appelle
    ici boîte de Pandore, pour d'autres questions, probablement pendant
    toute une journée mais je pense que votre contradicteur azerbaïdjanais
    aimerait répondre à ce dernier commentaire... Mais il faut que je
    mette un terme à cette séquence. C'est une région très compliquée je
    pense que vous avez participé à mieux comprendre. C'était Karen
    Mirzoyan, le responsable des Affaires étrangères du Haut-Karabagh, une
    région de conflit encore non résolu avec l'Azerbaïdjan, et... la paix
    est peut-être trompeuse. Une solution sera-t-elle trouvée ? Nous
    verrons. Merci.

    http://www.france24.com/en/20130612-interview-karen-mirzoyan-armenia-azerbaijan-nagorno-karabakh-war-sarkissian-sahakian-aliyev

    samedi 15 juin 2013,
    Stéphane ©armenews.com

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