24 AVRIL JOURNEE DE COMMEMORATION DU GENOCIDE ARMENIEN
Jean Eckian

armenews
22 avril 2010

Nos amis de la diaspora greque rendent hommage aux victimes du
génocide de 1915.

Le samedi 24 avril 1915, a Istamboul, capitale de l'empire ottoman,
600 notables arméniens sont assassinés sur ordre du gouvernement.

C'est le début d'un génocide , le premier du XXe siècle. Il va
faire environ 1 500 000 de victimes dans la population arménienne de
l'empire turc. Le gouvernement turc a décidé de détruire tous les
Arméniens résidant en Turquie. Il faut mettre fin a leur existence,
aussi criminelles que soient les mesures a prendre. Il ne faut tenir
compte ni de l'âge, ni du sexe.

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Continuum Génocidaire

N. Lygeros

Le génocide n'est pas seulement un acte de barbarie. En tant que
crime contre l'humanité, le génocide est une mesure inhumaine. Il
permet de jauger la société dans laquelle il intervient. Il donne
en somme le sens de l'absurde. Aussi lutter pour la reconnaissance du
génocide, c'est lutter contre l'absurde. Il faut prouver l'évidence
a la manière d'une démonstration par l'absurde. Il faut montrer
que les victimes sont des victimes, en d'autres termes identifier
leur mémoire. Il faut montrer que les bourreaux sont les bourreaux,
en d'autres termes tracer leur crime. C'est le signe du temps. Et tout
cela en restant juste. Car le juste doit être exemplaire. Evidemment
toutes ces contraintes rendent extrêmement difficile cette tâche et
nous ne devons pas nous étonner quant au découragement de certains.

L'important, c'est de saisir que le temps est avec nous et qu'il
travaille pour nous. Car le crime est imprescriptible. Aussi la
conservation des données permet de mieux asseoir la cause. Certes,
nous ne pouvons pas nous contenter de cela et nous devons envisager
le problème de la reconnaissance du génocide de manière globale. Le
grand économiste John Kenneth Galbraith avait une opinion singulière
sur la première guerre mondiale. En effet, il considère qu'il
est plus judicieux de la nommer la Grande Guerre sans diminuer
son importance en fonction de la seconde comme nous le faisons
habituellement. Car selon lui, il est plus juste de considérer la
seconde guerre mondiale comme la dernière bataille de la Grande
Guerre. Dans ce nouveau cadre, certainement perturbant pour les
personnes conventionnelles, la notion de génocide acquiert un nouveau
sens. Comme il n'est plus possible de séparer les génocides ainsi
que les bourreaux, nous assistons a une unification du sens. Ainsi le
régime nazi et le régime des jeunes turcs apparaissent comme une
seule et même entité qui élimine systématiquement les Juifs et
les Arméniens qui sont eux-mêmes unifiés en tant que victimes. Dans
ce nouveau champ, une vision globale est nécessaire pour comprendre
l'importance de la notion de génocide. La comparaison n'a plus de
sens. L'idée est ailleurs. Nous avons un continuum génocidaire qui
englobe les associations et les analogies.

Les bourreaux ne sont que la succession d'autres bourreaux. Aussi
où se trouve donc la différence ? En réalité, il n'y en a
qu'une mais elle est de taille. Une partie de ces bourreaux a
été reconnus comme telle tandis que l'autre ne l'est toujours
pas. Nous avons donc une incomplétude fondamentale en termes des
droits de l'homme. Si nous voulons vraiment que les générations
futures s'appuient sur le travail accompli, celui-ci doit englober
l'ensemble de ce continuum génocidaire. Aussi la reconnaissance du
génocide doit être effectuée a partir du point initial. C'est en
ce sens que la cause est fondamentale. C'est en ce sens qu'il faut
mettre en évidence la divergence qui consiste en un génocide de la
mémoire. Aussi l'ampleur de la tâche ne doit pas nous décourager
mais au contraire grandir notre humanité.