LE PRESIDENT SARKISSIAN APPELLE LA TURQUIE A SE REPENTIR
Gari

armenews.com
vendredi 9 decembre 2011

Le president armenien Serge Sarkissian, en echo aux recentes
declarations du premier ministre turc Recep Tazyyip Erdogan exprimant
le repentir de la Turquie pour la repression sanglante qui avait
ete exercee - par les gouvernements kemalistes laïques turcs- sur
la minorite kurde, a appele la la Turquie a exprimer un "repentir"
similaire pour les massacres des Armeniens de l'Empire ottoman
perpetres pendant la Première Guerre mondiale. Il s'est dit confiant
par ailleurs sur le fait qu'Ankara finira par les reconnaître comme
un genocide.

"Nous pensons que la Turquie doit se repentir", a declare le president
armenien qui se trouvait le 7 decembre a Marseille où il participait
a la reunion des droites europeennes. "Il ne s'agit la ni d'une
condition prealable ni d'une soif de revanche. La Turquie doit faire
face a son histoire", a indique M. Sarkissian.

"Un jour, les responsables de la Turquie trouveront le courage de
remettre en cause leur approche du genocide armenien", a ajoute M.

Sarkissian, qui s'exprimait lors d'une reception organisee en son
honneur par le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, en presence de
representants de la communaute armenienne locale.

"Tôt ou tard, la Turquie, qui se considère comme un pays europeen,
sera dirigee par un gouvernement authentiquement europeen qui sera en
mesure de se recueillir a Tsitsernakabert [le memorial du genocide a
Erevan]", a poursuivi le president armenien en concluant par ces mots :
"Le plus tôt sera le mieux, mais c'est au peuple turc d'en decider".

La Turquie n'a pas encore officiellement reagi a l'appel du
president Sarkissian, mais le "repentir" de M. Erdogan a deja fait
couler beaucoup d'encre dans ce pays, certains voulant y voir les
premisses d'une reconnaissance du genocide des Armeniens, ce dont s'est
d'ailleurs defend avec vehemence le premier minister turc. Ce dernier,
qui crie a l'electoralisme dès lors qu'il s'agit de reconnaissance
du genocide des Armeniens, tout dernièrement encore après les
declarations de N. Sarkozy a Erevan appelant Ankara a affronter son
histoire, semble avoir obei a des calculs etroitement politiciens
lorsqu'il s'est livre a cet exercice de " repentir " concernant les
massacres des Kurdes. Il s'agissait en effet plus d'attaquer les
auteurs directs de ces massacres, en l'occurrence les gouvernements
kemalistes laïques dont l'actuel parti nationaliste turc d'opposition,
CHP, est l'heritier, que de presenter des excuses au peuple kurde.