UNE COALITION A MINIMA EN ARMENIE
Gari

armenews.com
vendredi 1er juin 2012

E pouvoir rallier le Parti Armenie prospère (BHK) dans une nouvelle
coalition de gouvernement, le Parti republicain (HHK) du president
Serge Sarkissian s'est resigne a announcer la formation d'une
coalition avec le Parti Orinats Yerkir (Pays de droit), qui faisait
deja partie lui aussi de la coalition gouvernementale sortante. Une
maigre consolation, Orinats Yerkir n'ayant atteint que d'extreme
justesse le seuil des 5 % de voix lui donnant accès au Parlement lors
des legislatives du 6 mai, qui l'avaient relegue a la dernière place,
alors que le BHK, arrive en 2e position derrière le HHK, renforcait ses
assises dans le Parlement. Mais le HHK semblait vouloir a tout prix
d'une coalition, dont il pouvait pourtant se passer pour gouverner,
au regard des resultants des elections, certes controverses, qui lui
accordent une confortable majorite a l'Assemblee. "Sur la base des
resultants des elections legislatives du 6 mai 2012 ; etant donne
l'importance d'une poursuite de l'accord de cooperation politique du
21 mars 2008 ; eu egard a la necessite de resoudre les problèmes du
pays par des approches innovantes, garantissant a l'Armenie progrès
et developpement... les partis politiques, representes au Parlement et
signataires de ce texte, forment une coalition politique. La coalition
assumera la responsabilite du developpement politique, economique
et social de l'Armenie", indique notamment le texte commun signe par
S. Sarkisian et le leader d'Orinats Yerkir, Artur Baghdasarian. Tous
les membres du Parlement avaient recu le merdredi 30 mai leur lettre
d'enregistrement parlementaire adressee par la Commission electorale
centrale d'Armenie. L'annonce relative a la formation d'une coalition
de gouvernement est intervenue quelques heures avant l'attribution des
mandats parlementaires. Le nouveau Parlement devait se reunir en une
première seance le 31 mai. Pourtant, avant meme cette première seance,
le Parti republicain avait annonce la nomination de Hovik Abrahamian
a la presidence du Parlement, un poste qu'il avait d'ailleurs occupe
depuis 2008 jusqu'a novembre 2011, quand il avait ete designe pour
diriger la campagne de son parti pour les legislatives. Son depart
precipite de la presidence du Parlement avait alors prete a des
speculations dans la presse armenienne, certaines rumeurs faisant
etat de l'eventualite d'une mise a l'ecart par les responsables du HHK
d'un responsable politique qui aurait pu etre tente par une alliance
avec Robert Kotcharian.

Le gouvernement se passera en tout cas de l'appui du BHK, qui peut
ainsi prendre une option sur l'avenir sans la tutelle pesante du HHK,
meme s'il n'a pas encore pris vraiment ses marques dans le nouveau
Parlement où il dispose d'une trentaine de sièges contre 69 pour le
parti presidentiel et 6 seulement pour son allie Orinats Yerkir. Alors
que le parti au pouvoir n'a pas renonce a s'attirer ses bonnes grâces,
en laissant entendre a plusieurs reprises qu'une cooperation restait
possible en dehors de la coalition, la 2e force du Parlement armenien
n'a pas encore annonce si elle se rangerait dans l'opposition,
et il semble que ce debat en divise la direction. Jouant un rôle
croissant a la direction du BHK, qu'il avait integree quelques mois
avant le scrutin, l'ancien ministre des affaires etrangères Vartan
Oskanian n'avait pas menage ses critiques a l'encontre du pouvoir. Il
a toutefois nuance ses positions. Il a ainsi fait savoir que son parti
assumera les mandats electifs qui sont les siens dans le seul but
de realiser les programmes sur lesquels il avait fait campagne. "Le
parti incarne la volonte de reformes politiques, economiques et
sociales exprimee durant la campagne electorale. Nous avons fait des
promesses au peuple et nous nous emploierons a tenir ces engagements
par la force de notre travail au Parlement", a declare M. Oskanian,
en precisant qu'Armenie prospère constituerait une alternative au
pouvoir, et non une force d'opposition.

Par ailleurs, plus determine que jamais pour sa part a incarner
l'opposition, depuis qu'il a fait son entree au Parlement a la faveur
du scrutin du 6 mai, le Congrès national armenien (HAK) de l'ancien
president Levon Ter Petrossian a annonce qu'il n'assisterait pas a
la première seance du nouveau Parlement en signe de protestation.

L'alliance de partis d'opposition, qui a conteste les resultats
officiels du scrutin au nom des irregularites et fraudes qui l'auraient
entache, a neanmoins fait savoir qu'elle serait une force active et
determinee dans la legislature qui s'annonce.