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29 avril 2006

Genocide armenien: affaire Dogu Perincek Le juge vaudois Jacques
Antenen renvoie le Turc devant la justice

Lausanne f

Lausanne (ats) Le juge d'instruction vaudois Jacques Antenen a
renvoye le Turc Dogu Perincek devant le Tribunal de police de
Lausanne pour discrimination raciale. Le chef du Parti des
Travailleurs, qui qualifie le genocide armenien de mensonge, risque
jusqu'a six mois de prison.

L'ordonnance a ete rendue par defaut, a indique samedi a l'ATS
Jacques Antenen confirmant ainsi des informations parues dans les
quotidiens vaudois "24 Heures" et zurichois "Tages Anzeiger". Cette
procedure s'explique par le fait que le leader turc n'a plus donne de
ses nouvelles et s'est separe de ses avocats dans le canton de Vaud
et a Zurich.

"Mensonge international"

Nationaliste de gauche, Dogu Perincek est venu fin juillet 2005 en
Suisse a l'occasion du 82e anniversaire du Traite de Lausanne. A
Lausanne et a Glattbrugg (ZH), il a notamment declare que le genocide
armenien de 1915 etait un "mensonge international".

A la suite de ces propos le juge Antenen l'a entendu en septembre. Le
magistrat avait dit renoncer "pour l'instant" a toute inculpation
pour violation de l'art. 261bis du Code penal qui reprime notamment
les propos negationnistes.

La question armenienne provoque des tensions recurrentes et fortes
entre Berne et la Turquie. Si Ankara reconnaît la realite des
massacres perpetres par l'Empire ottoman contre la minorite
armenienne, elle recuse le terme de "genocide" et conteste le nombre
de morts, le chiffre d'un million etant generalement avance.

Visites remises en cause

En août 2005, Ankara a reporte sine die la visite du conseiller
federal Joseph Deiss en Turquie. La decision survenait un mois après
les declarations fracassantes emanant notamment de Dogu Perincek et
l'ouverture de procedures penales.

En Suisse, le Conseil national a reconnu officiellement le genocide
armenien et le Grand Conseil vaudois a fait le pas en 2003. A la
suite de cet evenement, la conseillère federale Micheline Calmy-Rey
n'avait pas pu visiter la Turquie comme prevu et avait dû attendre
mars dernier pour s'y rendre.

L'entreprise Pilatus ecartee

La dernière repercussion de ces tensions entre la Turquie et la
Suisse a touche Pilatus. La fabrique d'avions n'a pas ete autorisee a
soumettre une offre pour le renouvellement d'une partie de flotte
militaire turque.

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