Genocide armenien: appel de groupes turcs contre un projet de loi en France

Agence France Presse
5 mai 2006 vendredi 10:53 AM GMT

Des organisations turques ont lance un appel contre un projet de
loi francais visant a permettre des poursuites penales contre les
personnes niant le caractère genocidaire des massacres d'Armeniens
commis en 1915-17, dans une lettre ouverte publiee vendredi dans le
journal Le Parisien.

Cette proposition de loi, qui doit etre presentee aux deputes le 18
mai, vise a "empecher la discussion des evènements tragiques qui se
sont deroules dans l'Empire ottoman en 1915", affirme cette lettre
signee par neuf organisations syndicales, patronales et economiques
turques.

Elles rappellent la recente polemique en France autour d'un article de
loi affirmant le "rôle positif" de la colonisation - qui a ete ensuite
retire - et affirment que "ce n'est pas a la loi d'ecrire l'histoire"
mais aux historiens.

Mercredi, Ankara a prevenu Paris d'un risque de degradation des
relations bilaterales si le Parlement francais votait cette proposition
de loi.

La Turquie rejette categoriquement la thèse d'un genocide, estimant
qu'il s'agissait d'une repression dans un contexte de guerre civile
où les Armeniens se sont allies aux troupes russes qui avaient envahi
l'empire ottoman.

Ankara evalue a 300.000 le nombre d'Armeniens massacres et affirme
qu'au moins autant de Turcs ont ete tues.

Les Armeniens affirment pour leur part que le nombre de morts durant
des massacres ou des deportations avoisine 1,5 million.

La Turquie a reconnu l'Armenie a son independance en 1991, mais sans
etablir de relations diplomatiques. Elle avait ferme sa frontière avec
l'Armenie en 1993 a la suite de la conquete par des forces armeniennes
de l'enclave du Nagorny Karabakh en Azerbaïdjan.

Il y un an, l'emissaire de l'Union europeenne dans le Caucase du sud
Heiki Talvitie avait estime que l'evolution des liens entre Ankara et
Erevan aurait une "influence" sur l'adhesion de la Turquie a l'Union,
tandis que le chancelier allemand de l'epoque, Gerhard Schroder,
refusait d'en faire un prealable.

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