PROTESTATION AU KURDISTAN IRAKIEN APRES L'ASSASSINAT D'UN JOURNALISTE
Stephane

armenews
20 mai 2010
KURDISTAN

Plusieurs dizaines de journalistes ont proteste jeudi devant une annexe
du Parlement kurde a Souleimaniyeh contre l'assassinat recent d'un
jeune journaliste, qui fut un critique acerbe des partis au pouvoir
dans la region autonome.

Cet assassinat a provoque la colère d'une grande partie de l'opinion
kurde qui a organise plusieurs manifestations ces derniers jours pour
reclamer l'arrestation des coupables.

"Nous poursuivons les manifestations populaires pour demander une
enquete et connaître les meurtriers du journaliste Sardasht Osman",
a affirme a l'AFP Kamal Raouf, le redacteur en chef du journal
kurde Oulati.

Sardasht Osman, 22 ans, etudiant en langue et litterature anglaise mais
aussi journaliste pour plusieurs publications kurdes, a ete enleve le 4
mai sur le campus de son universite a Erbil par des hommes armes. Son
corps a ete retrouve plus de 24 heures plus tard avec une balle dans
la tete.

"Nous demandons la creation d'une commission independante pour
enqueter sur le meurtre mais nous exigeons aussi la demission du
ministre de l'Interieur (du gouvernement local kurde), Karim Sanjari,
et des responsables de la securite a Erbil", a ajoute le journaliste.

M. Raouf a egalement accuse le Parti democratique du Kurdistan (PDK)
du president de la region autonome, Massoud Barzani, d'etre responsable
de la mort du journaliste, qui avait sevèrement critique le PDK avant
qu'il ne soit assassine.

La presidence du Kurdistan a condamne cet assassinat, affirmant dans
un communique qu'une "enquete est en cours" et que "les identites
des responsables de cette attaque ne sont pas encore claires".

Dans un de ses articles les plus critiques et intitule "J'aime la fille
de Massoud Barzani", publie dans le Kurdistan Post, il condamnait la
corruption des dirigeants kurdes, se mettant en scène sous la forme
d'un reve.

"Quand je deviendrais le gendre de Barzani, la nuit de noce se
deroulera a Paris et nous visiterons le palais de notre oncle pour
plusieurs jours aux Etats-Unis. Nous quitterons nos rues pauvres
d'Erbil pour aller vivre dans les beaux quartiers et je serai protege
la nuit par des chiens policiers americains et des gardes israeliens",
a-t-il notamment ecrit.

Dans un autre recent article, il faisait etat des menaces de mort
qu'il venait de recevoir.

"Au cours des derniers jours on m'a dit que je n'avais plus longtemps
a vivre et que les bouffees d'air que je respirais etaient les
dernières", a-t-il ecrit. Mais, a-t-il ajoute de manière premonitoire,
"je me fiche de la mort et de la torture et j'attendrai ma mort et
le dernier rendez-vous avec mes assassins".