FRICTIONS AU SEIN DU CONGRES NATIONAL ARMENIEN
Gari

armenews.com
mardi 15 mai 2012

A peine entre au Parlement armenien, a la faveur des elections
megislatives du 6 mai, le Congrès national armenien (HAK), bloc de
partis d'opposition conduits par Levon Ter Petrossian, est-il menace
d'eclatement ? La question se pose depuis qu'Aram Sarkisian, grande
figure de l'opposition, a annonce vendredi 11 mai qu'il renoncait a
son siège de l'Assemblee, en precisant que sa formation, Hanrapetutyun
(Republique) pourrait quitter le HAK en raison de desaccords avec la
direction du mouvement.

A.Sarkisian figurait en troisième place sur la liste des candidats
du HAK aux elections du 6 mai, qui ont permis a l'alliance conduite
par L. Ter Petrossian de faire son entree a l'Assemblee nationale,
avec 7 sièges sur les 131 que compte la Chambre. "A tous ceux qui
entrent honnetement a l'Assemblee nationale dans l'espoir de changer
les choses, je leur souhaite du succes, et je ne voudrai pas les
freiner par mes positions realistes et pragmatiques, ainsi que par
ma presence", a declare A. Sarkisian lors d'une conference de presse
a Erevan. A. Sarkisian, dont le parti est une composante majeure du
HAK, a confirme certaines informations parues dans la presse selon
lesquelles il etait en desaccord croissant avec Ter Petrossian et
l'entourage de l'ancien president.

Les differends auraient surgi au cours du printemps 2011 et se seraient
aggraves depuis, tant sur la politique interieure qu'etrangère. Il
a ainsi precise que son parti, Hanrapetutyun, etait favorable a
des actions plus radicales visant a " changer le regime " avant
les dernières elections. Ce parti, qui affiche des positions plus
dures contre le pouvoir en place, s'est aussi montre oppose a la
cooperation avec le parti Armenie prospère (BHK), de l'homme d'affaire
Gagik Tsarukian, esquissee par le HAK. Dans un contexte international
marque par le " printemps arabe ", le HAK avait lance une campagne
massive de manifestations contre le pouvoir en fevrier 2011. Mais
Ter-Petrossian avait nuance ses positions après que le gouvernement eut
fait plusieurs concessions. Le HAK avait meme engage le dialogue avec
le pouvoir durant l'ete avant de l'interrompre sur un constat d'echec.

Les premiers signes d'une rupture entre Hanrapetutyun et Ter-Petrossian
ont apparu en fevrier dernier quand la direction du HAK a prepare ses
listes de candidats. Les militants du parti n'ont guère apprecie que
A. Sarkisian soit le seul representant de la formation a figurer en
bonne position sur cette liste. A.Sarkisian, qui fut premier ministre
en 1999-2000, a refuse lors de sa conference de presse d'exclure
l'eventualite d'un retrait de son parti du HAK. Il a precise qu'il
rendrait " bientôt " ses positions publiques après avoir clarifie la
situation avec ses collaborateurs.

Selon A. Sarkisian, son parti est reste au sein du HAK car il
ne voulait pas faire perdre de voix a l'alliance conduite par
Ter-Petrosian le 6 mai. "Maintenant que le scrutin est passe, nous
sommes libres d'exprimer nos positions", a-t-il fait savoir. La
direction du HAK a refuse de commenter l'information, Levon Zourabian,
son porte-parole, preferant ne pas speculer sur l'eventualite d'une
ruprure avec ce parti. Il a pourtant fait allusion a certaines des
critiques enoncees par A. Sarkissian, en rappelant que tous au HAK,
etaient favorables a un changement de regime si possible avant le
scrutin, et que parmi la dizaine de partis d'opposition regroupes
dans le HAK, aucun ne s'etait officiellement oppose a une cooperation
avec le BHK quant a une action commune visant a assurer la regularite
du scrutin.

La question de la cooperation avec le BHK reste d'ailleurs au c~\ur
des preoccupations de l'opposition. Venu en 2e position derrière le
Parti republicain (HHK) du president Serge Sarkissian lors du scrutin
du 6 mai, le BHK a joint sa voix a deux partis de l'opposition, le HAK
et la FRA Dachnaktsoutioun, pour denoncer les fraudes et irregularites.

Mais dans le meme temps, il pourrait renouveler sa cooperation avec
le HHK au sein d'une coalition gouvernement ale.

Le 14 mai pourtant, les deux grands partis ont tenu a faire savoir
qu'ils n'avaient pas encore engage de negociations officielles en ce
sens. Le premier ministre sortant Tigrane Sarkissian avait laisse
entendre quelques jours avant que des tractations etaient en cours
mais Edouard Chakhnazarov, le porte parole du HHK, qui dispose d'une
confortable majorite a l'Assemblee nationale, a indique que son parti
ne savait pas encore s'il allait partager le pouvoir.

Par ailleurs, au sein du BHK, des voix se sont elevees contre une
nouvelle coalition, comme Vartan Oskanian ou Hmayak Hovannessian, qui
a par exemple conditionne la participation du BHK a une nouvelle
coalition a une declaration officielle du Parti republicain
reconnaissant que " les elections du 6 mai ne refletaient pas la
reelle volonte des electeurs ".