Raids contre le PKK aux Pays-Bas, 38 arrestations
(PAPIER GENERAL ACTUALISE)

Agence France Presse
12 novembre 2004 vendredi 4:05 PM GMT

LIEMPDE (Pays-Bas) 12 nov

Trente-huit personnes ont été interpellées vendredi aux Pays-Bas
lors du démantèlement d'un réseau soupçonné de former des militants
du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé Kongra-Gel)
à commettre des attentats terroriste, dont 29 lors d'un raid contre
un camp en pleine campagne, selon le parquet national.

L'enquête a révélé qu'une vingtaine de personnnes avaient reçu
dans le camp de Liempde (près d'Eindhoven, sud-est des Pays-Bas)
"un entraînement pour se préparer à la lutte armée du PKK en Turquie,
en commettant des actes terroristes", selon un communiqué du parquet
national.

"Nous avons des indications selon lesquelles les participants (...)
auraient été envoyés en Arménie à la fin de leur formation pour
participer aux actions du PKK", selon le parquet.

Au total, 38 personnes ont été interpellées à travers le pays, dont 29
dans le camping de Liempde (sud-est des Pays-Bas, près d'Eindhoven),
selon le parquet national.

Une dizaine de maisons ont été perquisitionnées, et la police a saisi
des lunettes de vision nocturne, des documents et une arme à feu.

Le PKK étant sur la liste des organisations terroristes de l'Union
européenne, les personnes interpellées seront accusées de terrorisme,
a-t-on indiqué de même source.

Le porte-parole du parquet national Wim de Bruin a dit à l'AFP que
l'enquête avait commencé il y a plus d'un an et n'était pas liée aux
opérations antiterroristes qui ont suivi l'assassinat, le 2 novembre,
au nom de l'islam radical, du réalisateur Theo van Gogh.

"Ce matin à 05H30 (locales), la police a cherché et trouvé des
personnes soupçonnées d'activités que nous ne pouvons accepter",
déclare à l'AFP le maire de Liempde (près d'Eindhoven), Jan van
Homelen.

"Là où plusieurs personnes se réunissent, il y a un risque que l'ordre
public soit perturbé", a-t-il ajouté.

Le camping était situé au milieu d'une vaste lande, dans une réserve
naturelle, près d'un petit village calme dont les habitants n'ont rien
noté de suspect et n'ont pas entendu de tirs, selon les témoignages
recueillis sur place.

La question du PKK a dans le passé déjà créé des tensions entre
la Turquie et les Pays-Bas, Ankara accusant les Néerlandais d'être
trop conciliants.

La communauté kurde aux Pays-Bas est importante mais difficile à
chiffrer, les statistiques officielles ne prenant en compte que
l'origine nationale.

En 1999, le quotidien de référence néerlandais NRC Handelsblad
estimait que les Kurdes étaient entre 60.000 et 70.000 aux Pays-Bas,
dont 45.000 originaires de Turquie.

Lundi, un tribunal néerlandais a interdit l'extradition autorisée
par le ministère de la Justice d'une dirigeante kurde, Nuriye Kesbir,
réclamée par Ankara qui l'accuse d'être responsable d'attaques contre
des objectifs militaires. Le tribunal a jugé que la Turquie violait
les droits de l'Homme. Le ministère a fait appel.

Les rebelles kurdes du PKK, créé en 1978 et rebaptisé Kongra-Gel en
novembre 2003, ont lancé le 15 août 1984 la lutte armée contre le
pouvoir central d'Ankara pour la création d'un Etat kurde indépendant
dans le Sud-Est anatolien, faisant de la question kurde le principal
problème de la Turquie.

L'organisation marxiste, considérée comme terroriste par de nombreux
Etats, a décidé de déposer les armes et de se retirer du territoire
turc (vers le nord de l'Irak) en septembre 1999, après la capture puis
la condamnation à mort (peine commuée à la prison à vie) en juin de
la même année de son chef, Abdullah Ocalan. Elle a mis fin à cette
trêve en juin dernier.

En quinze ans, les violences entourant le conflit avaient fait plus
de 37.000 morts, selon un bilan officiel.

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