Agence France Presse
17 novembre 2004 mercredi 8:29 PM GMT

Adhésion de la Turquie à l'UE: plus de 250 députés "votent" contre

PARIS 17 nov 2004


Plus de 250 députés ont pris part mercredi soir à un vote symbolique
sur l'entrée de la Turquie dans l'UE, se prononçant contre
l'ouverture immédiate des négociations d'adhésion le 17 décembre,
tant que "le génocide arménien n'aura pas été reconnu par Ankara".

Ils étaient représentés par une trentaine de députés de gauche comme
de droite, parmi lesquels les vice-présidents de l'Assemblée Eric
Raoult (UMP) et Rudy Salles (UDF). Ce "scrutin" était organisé à
l'initiative de plusieurs organisations arméniennes, lors d'un
rassemblement près du palais Bourbon.

"Nous invitons les députés à se prononcer ici ce soir parce qu'ils
n'ont pas pu le faire dans l'hémicycle de l'Assemblée", a déclaré
l'un des organisateurs, Mourad Papazian, qui a invité
"solennellement" le président Jacques Chirac à faire de la
reconnaissance du génocide arménien "un préalable" à toutes
discussions avec la Turquie.

Une urne en carton, portant les couleurs européennes, avait été
installée sur une table, de même que des bulletins "oui" et "non" à
la question: "Le 17 décembre 2004, la France doit-elle dire oui à
l'ouverture immédiate des négociations d'ahésion de la Turquie à
l'Union Européenne?".

Premier à s'adresser à quelque 400 manifestants, Philippe Pemezec a
apporté "le non de 78 députés UMP". "Ce pays n'est pas en Europe, les
cultures sont profondément différentes, et il y a encore de
nombreuses atteintes aux droits de l'Homme, notamment aux droits des
Kurdes et Arméniens", a déclaré le député UMP.

Le socialiste René Rouquet, venu apporter "le non des 144 députés
PS", a souligné que "la reconnaissance du génocide arménien par la
Turquie est la première des conditions de son adhésion à l'UE".

Les élus UDF - le président du groupe Hervé Morin, entouré de Maurice
Leroy, François Rochebloine et Rudy Salles - ont glissé le bulletin
"non" pour les 31 députés centristes, tout en affirmant que l'UDF
"poursuivra sa mobilisation tant en France qu'au Parlement européen"
pour contrer l'adhésion d'Ankara.

La députée Verts Martine Billard, présente, a refusé de se joindre à
ce vote symbolique, arguant que "les Verts ont toujours plaidé pour
la reconnaissance du génocide arménien". "Cette question doit être un
sujet de discussion avec la Turquie mais pas un préalable", a déclaré
l'élue de Paris.

From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress