UN JEUNE ARMENIEN ARRETE A LA CITE, PLACE EN CENTRE DE RETENTION, ET MENACE D'EXPULSION

Midi Libre
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18 oct 2011
France

Deboutee debut septembre par le tribunal administratif qui avait annule
l'obligation de quitter le territoire francais (OQTF) relative a une
sexagenaire rom et sa fille, le prefet de l'Aude Anne-Marie Charvet
a cette fois-ci les cartes en main.

A elle de decider de l'avenir d'Edgar Aivazian, arrive a Carcassonne
a l'ete 2009 pour demander l'asile. Jeudi, c'est en quittant la Cite,
qu'il visitait avec un ami, que cet Armenien a fait l'objet d'un
contrôle d'identite. Sans papiers, le jeune homme de 21 ans est alors
envoye dans les locaux de la police aux frontières a Port-la-Nouvelle.

Une etape, avant d'etre place dans le centre de retention
administrative de Cornebarrieu, a Toulouse, vendredi.

Depuis la fin de semaine dernière, la coordination pour le droit
d'asile de l'Aude est donc mobilisee pour eviter l'issue redoutee de
l'expulsion. Car depuis juin 2011, toutes les voies legales ont ete
explorees, alors que l'office francais de protection des refugies et
apatrides lui a refuse le statut de refugie. En vain : après avoir
ete deboute de sa demande d'asile en fevrier dernier, Edgar Avaizian
a recu une OQTF en mai 2011.

"Il n'y a plus rien a faire sur le plan legal"

Et pas plus la procedure menee devant le tribunal administratif,
rejetee en juillet, que le recours gracieux devant le prefet de l'Aude,
n'ont ete acceptes. "Sur le plan strictement legal, il n'y a plus
rien a faire, reconnaît ce membre d'Amnesty en charge du dossier.

Il s'agit maintenant de savoir si le prefet va prendre en compte le
contexte humain."

Car Edgar n'est pas seul concerne par l'OQTF. C'est avec ses parents et
sa femme qu'il est arrive en France. Depuis, sa mère est decedee et a
ete inhumee a Carcassonne. Mais un enfant, desormais âge de 15 mois,
est ne dans le chef-lieu audois. Autant d'elements familiaux qui,
espère Amnesty, pèseront dans la balance. Avec, pour complement au
recours gracieux, deux promesses d'embauche pour Edgar et son père,
deposees en prefecture il y a 15 jours.

Presente aujourd'hui ou demain devant le juge des libertes, Edgar
pourrait etre renvoye très vite dans un pays qu'il a quitte a l'âge
de deux ans. A moins qu'Anne-Marie Charvet ne decide de lever l'OQTF
et ne delivre un titre de sejour a cette famille.