INCIDENTS A LA FRONTIERE TURCO-SYRIENNE, ANKARA SE PREPARE A DISCUTER D'UNE ACTION ANTI-EI

TURQUIE ET DJIHADISME

La Turquie a renforce lundi son dispositif militaire a sa frontière
avec la Syrie après avoir ete visee par plusieurs obus, alors que son
gouvernement s'apprete a presenter au Parlement un texte l'autorisant
a intervenir contre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Plus d'une dizaine de chars et de vehicules blindes de l'armee turque
ont fait mouvement dans l'après-midi autour du poste-frontière de
Mursitpinar, où au moins trois obus de mortier tires de Syrie ont vise
le territoire turc, apparemment sans faire de degâts ni de victimes,
a rapporte un photographe de l'AFP.

Ces incidents sont survenus alors que les combats entre les jihadistes
de l'EI et les combattants kurdes continuaient a faire rage autour de
la ville syrienne d'Aïn al-Arab (Kobane en langue kurde) a quelques
kilomètres a peine de la frontière turque.

Tard dimanche soir, un obus venu de Syrie a frappe une habitation
dans la ville frontalière turque de Suruc en faisant trois blesses,
a annonce l'etat-major de l'armee turque en precisant qu'il avait
riposte. A la suite de plusieurs incidents de frontière en 2012,
les forces armees turques ont change leurs règles d'engagement et
repondent systematiquement, et dans les memes proportions, a tout
tir d'origine syrienne visant leur territoire.

Le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002 en Turquie
doit presenter mardi au plus tard au Parlement un projet de resolution
autorisant le recours a la force en Irak et en Syrie qui permettrait
a la Turquie de rejoindre la coalition anti-EI.

"Les motions doivent etre envoyees (au parlement) demain", a declare
le president du Parlement Cemil Cicek cite par la chaîne d'information
NTV. Les deputes doivent commencer a en debattre jeudi. La première
de ces resolutions doit renouveler pour un an l'autorisation accordee
par le Parlement aux forces armees turques pour intervenir en Irak.

- Revirement -

Ce texte permettait jusque-la a la Turquie de conduire des frappes
contre les bases arrières des rebelles du Parti des travailleurs du
Kurdistan (PKK) installees dans les monts Kandil, dans l'extreme nord
de l'Irak.

Le second texte, nouveau celui-la, doit accorder le meme feu vert a
des operations militaires sur le territoire syrien. Après l'avoir
explicitement refuse, la Turquie semble prete a participer a son
tour a l'intervention militaire engagee par la coalition formee par
les Etats-Unis contre les combattants sunnites radicaux de l'EI,
accuses de multiples exactions en Irak et en Syrie.

Accusee d'avoir soutenu, voire arme, les groupes rebelles les plus
extremistes engages dans la guerre contre le regime du president
syrien Bachar al-Assad, dont l'EI, Ankara a longtemps justifie son
refus d'intervenir par la necessite de proteger ses 46 ressortissants
retenus en otage depuis juin par l'EI au consulat turc de Mossoul
(Irak).

Après leur liberation le 20 septembre, la Turquie a amorce un
revirement total et suggère desormais qu'elle pourrait rejoindre le
combat contre les jihadistes.

"Nous serons la où nous devons d'etre. Nous ne pouvons rester en
dehors de ca", a dit le president Recep Tayyip Erdogan dans un
discours dimanche.

Lundi encore, M. Erdogan a sevèrement critique l'EI et assure qu'il
n'avait rien a voir avec l'islam. "Attribuer des actions terroristes
au Moyen-Orient a l'islam n'est rien d'autre qu'une distorsion de la
verite", a-t-il assure, "notre religion est une religion de paix".

Le recente offensive lancee par l'EI dans la partie a majorite
kurde de la Syrie a provoque depuis dix jours un exode massif de la
population. Selon le gouvernement, au moins 160.000 refugies Kurdes
de Syrie ont franchi la frontière turque pour echapper aux combats
entre jihadistes et combattants kurdes.

L'arrivee des jihadistes aux portes d'Aïn al-Arab a relance le flot
des refugies. Environ 15.000 d'entre eux ont franchi lundi la frontière
turque, a dit a l'AFP un responsable turc.

La Turquie accueille aujourd'hui plus de 1,5 million de refugies
syriens qui ont fui les combats entre les troupes du regime et la
rebellion depuis 2010.

mardi 30 septembre 2014, Ara (c)armenews.com