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La "Diplomatie Du Football" Rapproche La Turquie Et L'Armenie

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    LA " DIPLOMATIE DU FOOTBALL " RAPPROCHE LA TURQUIE ET L'ARMENIE
    par Guillaume Perrier

    Le Monde
    9 septembre 2008 mardi
    France

    La visite eclair a Erevan du president turc, Abdullah Gul, fait
    naître l'espoir d'une normalisation des relations entre les deux pays,
    rompues depuis quinze ans

    Un frisson, puis des sifflets, ont parcouru les travees du vieux
    stade Hrazdan d'Erevan, au moment de l'hymne national turc, juste
    avant le coup d'envoi. En levant la tete, on pouvait apercevoir, sur
    la colline voisine, la flèche noire du Memorial du genocide armenien,
    pointee vers le ciel. Quelques banderoles ont surgi dans le public,
    reclamant la reconnaissance par la Turquie des massacres de 1915. Une
    autre affiche, au milieu d'une poignee de supporteurs turcs, prônait
    la " fraternite sans frontières ". Le passe douloureux partage par
    l'Armenie et la Turquie a transforme un banal match de football,
    remporte par les Turcs 2-0, en evenement historique, samedi soir 6
    septembre, dans la capitale armenienne.

    Dans la tribune officielle, les presidents armenien et turc, Serge
    Sarkissian et Abdullah Gul, ont suivi la rencontre côte a côte, a
    l'abri derrière une epaisse vitre blindee. Le chef de l'Etat turc a
    accompli une visite eclair : a peine six heures. Le temps d'un match
    et d'une conversation d'une heure avec son homologue armenien. Une "
    première " prometteuse pour ces deux pays voisins qui n'entretiennent
    plus de relations officielles depuis quinze ans.

    Sur le chemin du retour, M. Gul s'est declare " heureux " de cette
    escapade armenienne. L'avion presidentiel a survole la frontière
    commune, fermee par la Turquie depuis 1993, et les contreforts du mont
    Ararat, la montagne symbole de l'Armenie, aujourd'hui en territoire
    turc. Il a salue " le courage du president Sarkissian qui m'a invite "
    et estime avoir " fait tomber un obstacle psychologique " en acceptant.

    " PREMIER PAS "

    La crise georgienne a acheve de convaincre les deux chefs d'Etat
    de la necessite de " normaliser les relations ". La Turquie tente
    de convaincre ses voisins du Caucase, y compris la Russie, de creer
    une plate-forme de stabilite dans la region. Le " conflit gele " du
    Haut-Karabakh entre l'Armenie, alliee de la Russie, et l'Azerbaïdjan,
    soutenu par Washington et puissamment rearme grâce aux petrodollars
    qui inondent le pays depuis trois ans, est sous surveillance. "
    Il faut faire preuve de realisme ", a resume M. Gul.

    Sitôt après le match, les ministres des affaires etrangères, Ali
    Babacan et Edouard Nalbandian, ont inaugure une serie de rencontres
    destinees a amorcer le dialogue. La deuxième entrevue est prevue aux
    Nations unies, a New York, fin septembre. Une manière d'officialiser
    des contacts pris depuis plusieurs mois a Istanbul.

    En Turquie, la presse s'est prise a rever d'une ouverture rapide
    et la societe civile, en dehors d'une frange nationaliste, soutient
    l'initiative. Les partis politiques sont plus timides. Ufuk Uras etait
    le seul depute turc a avoir fait le voyage. Leader d'un petit parti
    de gauche, il se dit " impressionne " et explique etre venu par amitie
    pour Hrant Dink, le journaliste armenien tue en 2007 a Istanbul. " Il
    etait de ceux qui voulaient la normalisation entre les deux pays. Et
    il est temps pour cela. Il faut ameliorer les relations economiques,
    culturelles et politiques sans conditions ", affirme-t-il.

    La reouverture d'ambassades, voire de la frontière, n'est
    officiellement pas encore d'actualite. " Sarkissian a ete invite
    en Turquie pour le match retour, dans un an. Il faut que, d'ici
    la, les dossiers bilateraux aient avance, ainsi que la question
    du Haut-Karabakh ", explique-t-on au cabinet de M. Gul. Le chef de
    l'Etat turc doit " très vite " se rendre a Bakou, dans les semaines
    qui viennent, pour rassurer l'Azerbaïdjan.

    L'enthousiasme est plus tempere a Erevan. Dans le stade, Goriun,
    un supporter drape dans un drapeau armenien, estimait que " cette
    visite est un premier pas. Mais il ne faut pas oublier que les
    relations sont marquees par une grande douleur ". La Federation
    revolutionnaire armenienne, un parti d'opposition nationaliste,
    hostile a la venue du president turc, a manifeste pacifiquement mais
    de manière remarquee. Quelques centaines de personnes ont scande,
    le long de la route empruntee par le cortège officiel, des slogans
    en faveur de la reconnaissance du genocide.

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