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Le Quid juge pour negation du genocide armenien

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  • Le Quid juge pour negation du genocide armenien

    Le Figaro, France
    mercredi 25 mai 2005


    JUSTICE L'éditeur publie les thèses officielles turques

    Le Quid jugé pour négation du génocide arménien

    Cécilia Gabizon
    [25 mai 2005]

    Gorune est un petit-fils de rescapés arméniens. Il porte en lui
    l'histoire de ses grands-mères, l'une laissée pour morte parmi les
    cadavres, l'autre violée au cours de la déportation dans le désert.
    Gorune sait l'apaisement impossible tant que la Turquie niera le
    génocide. Comme lui des centaines d'Arméniens regroupés dans le
    Comité de défense de la cause arménienne (CDCA) tentent de contrer
    les thèses négationnistes. En 2003, ils ont ainsi porté plainte
    contre le Quid, accusé de faire prévaloir la version turque et de
    présenter le génocide comme une «interprétation arménienne» de
    l'histoire. L'Union des étudiants juifs de France, J'accuse, et
    Mémoire 2000 se sont joints à la procédure que la justice doit
    trancher cet après-midi.


    Tout commence en 2002, lorsque des associations juives assignent le
    Quid en justice pour avoir publié les chiffres du négationniste
    Faurisson. Marc Knobel, président de J'accuse, alerte les
    associations arméniennes car, dit-il, «le Quid utilisait les mêmes
    procédés, publiant de pseudo-travaux scientifiques pour minimiser le
    nombre de morts arméniens et nier le génocide».


    Au-delà des estimations des victimes, variant entre 1,2 million
    «selon des Arméniens» et 300 000 selon Ankara, le Quid explique dans
    la rubrique «Histoire de la Turquie» : «1915... Transfert d'Arméniens
    vers les provinces méridionales de l'Empire ottoman (collaborent avec
    la Russie) nombreux décès (épidémie, maladie) pendant le voyage.»
    Cette description occulte totalement la planification de
    l'extermination, s'insurgent les associations arméniennes. Le
    directeur général du Quid, Fabrice Frémy, s'en défend : «Nous
    évoquons à plusieurs reprises le génocide», en renvoyant au chapitre
    sur l'Arménie.


    De fait, le Quid mentionne la décision du Tribunal permanent des
    peuples en 1984, ou encore la loi française du 29 janvier 2001 qui
    reconnaît le génocide. Mais toutes les entrées sur ce printemps 1915
    - négation des massacres comme éléments à charge - semblent sur le
    même plan. Pis encore, jugent les associations arméniennes, la
    version turque est valorisée dans un large encadré. «C'est comme si
    l'on donnait la parole aux nazis sur la Shoah», s'insurge Harout
    Mardorissian, président du CDCA.


    Leur avocat, Me Bernard Jouanneau, propose de remplacer le chapitre
    sur la «position turque» par un texte explicite : «La question
    arménienne est aujourd'hui réglée par la reconnaissance du génocide
    de 1915 par les historiens. Néanmoins, la Turquie continue de nier sa
    responsabilité dans le génocide arménien.»


    Dans ses conclusions, le procureur n'a pas suivi cette suggestion. Il
    estime que la diversité des points de vue vaut objectivité
    historique. Pour autant, les associations arméniennes veulent croire
    que la justice retiendra «l'atteinte à la dignité humaine». Elles
    entendent également proposer à la rentrée un amendement pour punir la
    négation du génocide arménien. Pour l'instant, seule celle de la
    Shoah est illégale.
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