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    L'ARRET DES APPELS A LA HAINE, CONDITION PREALABLE D'UNE PAIX DANS LE HAUT-KARABAKH

    Le Temps, France
    5 octobre 2005

    Malgre l'intransigeance de part et d'autre concernant le conflit du
    Haut-Karabakh, une ebauche de dialogue entre l'Armenie et l'Azerbaïdjan
    pourrait conduire a un accord sous contrôle international.

    Le conflit qui oppose Armeniens et Azerbaïdjanais sur le contrôle du
    Haut-Karabakh s'accommode mal de l'etiquette de "conflit gele".

    Depuis le cessez-le-feu de 1994, des escarmouches font chaque mois
    des victimes sur la ligne de front separant d'un côte les forces du
    Haut-Karabakh et de l'autre celles de l'armee d'Azerbaïdjan.

    Le conflit du Karabakh debute en 1991 par la proclamation de
    l'independance de ce territoire autonome peuple en majorite
    d'Armeniens, mais qui appartenait a l'Azerbaïdjan. Ce dernier
    reagit en y envoyant des troupes. Après trois ans de guerre, les
    Karabakhis, fortement soutenus par l'Armenie, sont vainqueurs. L'armee
    azerbaïdjanaise est non seulement repoussee hors du Haut-Karabakh,
    mais sept districts d'Azerbaïdjan sont occupes par les Armeniens et
    complètement vides de leurs habitants azeris. Plus de 500 000 Azeris
    se retrouvent deplaces de l'autre côte de la ligne de front dans des
    camps de fortune. L'Armenie avait dû, quant a elle, accueillir près
    de 300 000 Armeniens chasses d'Azerbaïdjan, pour certains d'entre eux
    avant meme que le conflit n'eclate, lors des pogromes anti-armeniens
    de Sumgaït en 1989. Le nombre de morts depasse les 20 000.

    Lorsque le cessez-le-feu est signe en 1994, l'Organisation pour la
    securite et la cooperation en Europe (OSCE) croit qu'un arrangement
    pourra etre trouve rapidement. Mais onze ans plus tard, rien n'a
    bouge: les lignes de front sont toujours la, les parties au conflit
    tentent regulièrement de changer leur trace en modifiant certaines de
    leurs positions, ce qui se traduit en morts inutiles dans les deux
    camps. Sur le plan diplomatique, Bakou tente d'isoler Yerevan de
    tous les grands projets regionaux: l'oleoduc Bakou-Tbilisi-Ceyhan,
    par exemple, contourne soigneusement l'Armenie. Les Armeniens sont
    assis sur leur victoire et refusent d'envisager la restitution d'aucun
    des territoires occupes sans une reconnaissance par les Azeris de
    l'independance du Haut-Karabakh ou de son rattachement a l'Armenie.

    Des deux côtes, des medias maximalistes poussent a la haine raciale en
    presentant toujours l'Azeri ou l'Armenien comme l'ennemi ancestral. Les
    interpretations de l'Histoire sont diametralement opposees et les
    opinions, sûres de la justesse de leur cause, ne sont pas pretes a
    accepter la moindre concession.

    Or, des concessions, il en faudra si l'on veut eviter une nouvelle
    guerre dans le Caucase. Une partie importante des revenus petroliers
    d'Azerbaïdjan sert desormais a renflouer une armee dont la mission
    declaree est de liberer les territoires occupes et de reprendre le
    Karabakh. Le president azerbaïdjanais vient d'annoncer une augmentation
    de 70% du budget de la defense, qui avait pourtant deja ete plus que
    double entre 2003 et 2005: les depenses de defense en Azerbaïdjan
    atteindront bientôt le budget total de l'Etat armenien...

    Pourtant, depuis près d'un an, l'espoir d'un règlement pacifique
    se profile: les ministres des Affaires etrangères d'Armenie et
    d'Azerbaïdjan multiplient les prises de contact dans le cadre du
    processus de Prague. Les deux ministres semblent trouver dans ce
    format soutenu par les trois copresidents du groupe de Minsk de l'OSCE
    (Russie, France et Etats-Unis) un espace où leurs positions peuvent
    avancer. En marge du sommet des pays de la Communaute des Etats
    independants a Kazan le 27 août dernier, les presidents Kocharian
    d'Armenie et Aliyev d'Azerbaïdjan se sont rencontres pour le deuxième
    tete-a-tete de ce genre en quatre mois. Derrière des declarations
    officielles pourtant peu porteuses d'espoir, les deux chefs d'Etat
    ont clairement encourage leurs ministres des Affaires etrangères a
    poursuivre leur dialogue.

    Les points d'achoppement sont nombreux. Les Azeris ne peuvent conceder
    plus qu'un statut de large autonomie pour le Karabakh, tandis que les
    Armeniens exigent l'independance ou un rattachement a l'Armenie. Les
    Armeniens envisageraient eventuellement de rendre les cinq districts
    qu'ils occupent au sud du Karabakh, le long de la frontière iranienne,
    mais refusent d'envisager le retour des districts de Latchin et
    de Kelbajar sous contrôle azerbaïdjanais. Le corridor de Latchin,
    qui permet le passage direct entre le Karabakh et l'Armenie, est
    considere par les autorites de Stepanakert comme "une route de la vie"
    non negociable. Quant au contrôle de Kelbajar, et particulièrement du
    col d'Omar qui en donne accès, il represente un avantage strategique
    central pour la defense eventuelle du Haut-Karabakh.

    La solution pourrait resider dans la signature d'un accord qui
    reglerait les choses par etapes, en repoussant la question du statut
    definitif du Haut-Karabakh au terme du processus. Les Armeniens
    retireraient progressivement leurs troupes des districts occupes,
    qui passeraient sous contrôle international. Les deplaces internes
    pourraient ainsi rentrer chez eux. L'accord prevoirait que, dès que
    le retour des deplaces azeris sera effectue, tous les habitants du
    Karabakh, Armeniens et Azeris qui y residaient jusqu'en1991, puissent
    se prononcer par vote sur le statut final de la region. Toutes les
    parties s'engageraient, sous garanties internationales, a respecter
    le resultat de cette consultation, dût-il aboutir a l'independance
    du territoire.

    Les preoccupations strategiques armeniennes devraient etre prises au
    serieux par l'interdiction qui serait faite a l'armee azerbaïdjanaise
    de se redeployer dans les districts aujourd'hui occupes, et par
    la possibilite pour les Armeniens de conserver des postes avances
    d'observation dans des endroits aussi strategiques que le col d'Omar.

    Le corridor de Latchine deviendrait un lieu de passage complètement
    demilitarise, qui relierait Bakou a Agdam, Stepanakert, au sud de
    l'Armenie, au Nakhichevan et a la Turquie.

    Ce modèle permettrait de retablir les possibilites de communication
    entre Azeris et Armeniens avant qu'une decision ne soit prise sur le
    statut final du Karabakh. Mais afin de lui donner une petite chance de
    succès, il est urgent que les gouvernements des deux parties fassent
    cesser immediatement les campagnes de haine entretenues par leurs
    medias. L'Azerbaïdjan pourrait investir plus judicieusement sa manne
    petrolière dans son propre developpement plutôt que dans l'armement,
    et l'Armenie devrait comprendre qu'il n'est pas sain, au debut du
    XXIe siècle, de se profiler sur la scène internationale comme une
    puissance occupante. Retablir les contacts entre les hommes est le
    seul moyen de commencer a construire la paix.

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    From: Emil Lazarian | Ararat NewsPress
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